Changez de perspective et de point de vue, ça fait un bien fou.



Alain Schildermans
Changement de vie Réorientation


Le plus difficile n'est pas de rencontrer un coach, non. Le plus difficile est d'accepter la nécessité de le rencontrer. Une fois cette première étape franchie, une bonne partie du travail est déjà faite.

Alain Schildermans
Coaching   Wavre



N'abandonne surtout pas

Lorsque dans ta vie, rien ne va plus, que les problèmes
tourmentent ton esprit et que l’argent te cause tant de soucis…

Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.

 
Lorsque trop d'erreurs ont été commises,
que tout ton univers menace de s'écrouler
et que, fatigué, tu sens la confiance t'abandonner...
Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.
 
Tu sais, la vie est parfois étrange, avec son lot de surprises et d'imprévus,
et il ne nous est pas donné de savoir à l'avance combien d'étapes nous devrons franchir,
ni combien d'obstacles nous devront surmonter
avant d'atteindre le bonheur et la réussite.
 
Combien de gens ont malheureusement cessé de lutter
alors qu'il n'aurait peut-être fallu qu'un petit pas de plus
pour transformer un échec en réussite ?
Et, pourtant, un pas à la fois n'est jamais trop difficile.
 
Tu dois donc avoir le courage et la ténacité nécessaire
pour faire ce petit pas de plus,
en affirmant que la vie est une grande et puissante amie
qui se tient toujours à tes côtés, prête à te porter secours.
 
Tu verras alors que cette attitude appellera,
du plus profond de toi-même,
des forces de vie que tu ne soupçonnais même pas
et qui t'aideront à réaliser ce que tu entreprendras.
 
Mais surtout et avant tout, rappelle-toi bien:
Quand dans ta vie, des moments difficiles viendront...
 
Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.

Anonyme


Christophe André : « La parole sur la gentillesse se libère »aA  + Linkedinres

Le psychiatre Christophe André a vendu plus de deux millions d’ouvrages visant à guider ses lecteurs sur le chemin du bonheur. Il a coécrit son dernier livre, Trois amis en quête de sagesse, avec le moine bouddhiste Matthieu Ricard et le philosophe Alexandre Jollien. Entretien à propos de son parcours de médecin, sa vision de son métier et sa défense de la bienveillance.

Je ne serais pas arrivé là si…

… je n’avais pas beaucoup travaillé pour être à la hauteur, en tant que médecin et en tant qu’humain. Pendant mes études, cela n’a pas été trop douloureux, j’ai toujours aimé apprendre. Mais sur le plan personnel, il y avait du boulot, vu toutes mes imperfections et limitations. Je suis un anxieux à tendance dépressive. J’ai compris en fac de médecine, en voyant mes propres symptômes décrits, que si je ne luttais pas pour aller mieux, j’allais pourrir ma vie et celle de mes proches. J’ai donc toujours testé sur moi les thérapies que je destinais à mes patients. Je tiens à cette cohérence.

Votre milieu d’origine a-t-il eu une influence sur votre vocation de psychiatre ?

Il n’y avait aucune aptitude au bonheur dans ma famille. Il est vrai qu’on ne peut se poser cette question que lorsqu’on s’est extrait du combat pour la survie et que l’on a pris suffisamment soin de soi pour ne plus être le jouet de ses fragilités. Ma mère, institutrice, était issue d’un milieu misérable, où l’on disputait sa nourriture aux rats. Mon père, qui était orphelin, avait été mousse dans la marine marchande avant de passer ses semaines sur la routecomme représentant de commerce. Bien que nous fussions assez pauvres, je n’avais pas le sentiment de manquer. Mes parents me protégeaient. Mais ils étaient d’une grande fragilité, imprévisibilité – liée à l’alcool chez mon père. Assez tôt, je me suis construit avec ce contre-modèle : si un jour j’avais des enfants, il n’y aurait pas de tristesses, de colères, de sautes d’humeur. J’ai dû, et je dois encore, combattre ce passé. On ne se débarrasse pas des circuits cérébraux qui se sont mis en place très tôt, on apprend à les réguler. Si je n’ai pas le temps de faire ce qui m’équilibre, alors les angoisses, le désespoir, l’irritabilité reviennent. Comme chez nombre d’humains, ma vie aura été une lutte contre mes vulnérabilités.

Comment vous est venue l’idée de devenir médecin ?

Mes parents n’ont jamais refusé de m’acheter des livres, et l’école me plaisait. C’était moins triste qu’à la maison, les profs me valorisaient… En terminale, j’ai découvert Freud, j’ai lu d’un coup tout ce qui était accessible, découvert la psychologie, les émotions qu’on devait cacher à la maison. C’était décidé, je serais psychiatre comme Freud ! J’ai fait médecine à Toulouse, j’ai tout aimé à l’exception des stages aux côtés de psychiatres hospitaliers qui étaient pour la plupart psychanalystes lacaniens. Ils étaient froids avec les patients, ne répondaient pas aux questions. J’ai essayé de faire une analyse mais le silence m’exaspérait, les analystes me semblaient mal dans leur peau. J’ai songé à bifurquer, mais j’avais trop besoin de la psychiatrie pour moi-même. Surtout, j’ai rencontré mon maître, Lucien Millet, un psychiatre chaleureux, humaniste, attentif aux patients, les impliquant, eux et leur famille, dans la démarche thérapeutique. C’est dans sa clinique que j’ai appris le boulot.

Vous renoncez alors à une carrière hospitalière pour vous installer en libéral…

J’ai ouvert un très beau cabinet de centre-ville, joué au docteur avec sa plaque en façade, au Don Juan avec sa voiture de sport décapotable. J’étais le jeune psy qui montait, débordé, hyperactif. Je m’étais formé aux approches comportementales, à contre-courant de la psychanalyse lacanienne. En m’attachant davantage aux symptômes des troubles émotionnels qu’à leurs causes, en aidant les patients à les affronter dans le réel et à les gérer, je me sentais utile. La belle vie. Jusqu’à ce que l’ami dont j’étais inséparable, mon complice intellectuel, se tue en moto devant moi, au Portugal. En courant à son secours, je me suis arrêté dix secondes pour regarder la plaie à la main du paysan qui lui avait coupé la route avec sa remorque. J’en culpabilise encore même si cela n’aurait rien changé. Cela a été une rupture dans ma vie. Je suis parti quinze jours en retraite dans un monastère bénédictin parce que mes patients schizophrènes m’avaient dit que ça leur faisait du bien. Moi aussi, le contemplatif, l’introverti, le lent, cela m’a apaisé. J’étais prêt à quitter Toulouse, la vie facile, le célibat.

Pourquoi vous être emparé de la méditation pour soigner ?

J’ai commencé à travailler à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, en 1992, comme « comportementaliste » expérimenté. J’étais l’hurluberlu qui faisait chanter ses patients phobiques sociaux dans le métro, qui enfermait les claustrophobes dans les toilettes. Au début des années 2000, après avoir lu des publications scientifiques sur la méditation de pleine conscience laïque, après m’être formé, avoir rencontré Matthieu Ricard, j’ai eu le sentiment, comme avec Freud, de tenir là quelque chose de fondamental. Qui allait changer ma vie et celle de mes patients. La méditation de pleine conscience apprend à poser son attention sur l’instant présent, sur ce que la vie offre d’agréable. Elle nous aide à repérer les moments de rumination où nous quittons le réel pour nous embarquer dans des souffrances liées au virtuel, donc sans limite. Mais elle est bien plus qu’une thérapie : un changement de regard sur le monde. A la maison, d’un coup, ma femme m’a vu regarder le plafond le soir dans le lit, l’air tellement content que c’en était troublant.

Vous êtes auteur, ou coauteur, de dix-neuf livres depuis 1995, dont certains best-sellers vendus à plus de 500 000 exemplaires. Cela a changé quoi pour vous ?

Je gagne ma vie avec cela et les conférences, même si j’ai gardé deux journées de consultation à l’hôpital sur les troubles anxieux dépressifs, et la prévention des rechutes. Je travaille chez moi, en chaussettes, en écoutant Bach et en buvant du bon thé – écrivain, c’était vraiment un métier pour moi, le solitaire sociable ! Mon seul souci est celui de la notoriété : mes lecteurs pensent parfois que je suis un thaumaturge, seul capable de les guérir. Je reçois des courriers assurant que je suis la « dernière chance ». Des gens viennent de l’autre bout de la France me supplier de les recevoir quelques minutes, alors que je ne peux plus prendre de nouveaux patients. On m’idéalise, alors qu’un bon auteur n’est pas un meilleur thérapeute, juste un meilleur pédagogue. Tant de personnes semblent à la recherche de maîtres à penser. J’ai compris combien il était simple de fonder une secte !

Comment analysez-vous le succès de vos livres ?

Certains sujets étaient pionniers : l’anxiété sociale, la gestion des personnalités difficiles, l’estime de soi… Et les libraires ont perçu qu’il ne s’agissait pas des énièmes conseils en développement personnel, que ces livres étaient à la fois scientifiques et compréhensibles, ce qui est mon obsession. J’ai fait relire beaucoup de chapitres à mes patients. Mes collègues prescrivent mes ouvrages. Comme j’y dévoile de plus en plus mes imperfections, le travail que je fais sur moi, je dois aussi rassurer les lecteurs. Eux aussi peuvent y arriver.

Vous valorisez la gentillesse, la bienveillance, la bonté, l’empathie. De quoi susciter les sarcasmes ?

Moins qu’auparavant, je perçois un infléchissement. Nous avons touché les limites du système. La société de consommation, de performance, d’égoïsme, s’effondre. Nous redécouvrons les vertus de l’altruisme, de la compassion, de la solidarité, de la douceur. Comme si nous avions l’intuition que sans cela, nous sommes cuits. Avec les attentats, les gens se sont rendu compte des vertus de la solidarité. La parole sur la gentillesse se libère. J’ai toujours été persuadé que c’était une vertu immense. La seule façon, comme psychiatre comportementaliste, d’obtenir de mes patients des efforts douloureux. Quand j’enseignais en fac de médecine, j’apprenais aux étudiants à se lever à l’arrivée du patient, à souriredire bonjour gentiment, regarder dans les yeux. C’était nouveau pour eux ! Les gens qui viennent à nous souffrent, ils ont peur qu’on ne puisse pas les aider. Ils doivent instantanément percevoir une bienveillance. Nous avons un besoin biologique de gentillesse. Elle fait du bien à notre corps, le détend, là où l’indifférence ou l’hostilité le crispent. C’est un signe fort !

Ecrire des best-sellers sur l’art du bonheur vous impose-t-il d’être heureux ?

Oui, il faut être cohérent. Mais plus que les lecteurs, ce sont mes enfants qui m’ont mis la pression. Je sais combien les parents qui vont mal sont contagieux. Avoir trois filles a été pour moi un rappel de l’intérêt qu’il y a à faire des efforts pour être heureux, les deux termes n’étant pas antinomiques. Je viens de subir deux opérations lourdes. Cette adversité m’a ouvert les yeux de façon incroyable. « Ta vie va peut-être prendre fin », me disais-je, passant du concept à la réalité. C’était très étrange, j’étais euphorique, irrigué d’émotions positives, de gratitude pour mes soignants. Je fondais en larmes dès que je voyais un bout de ciel – et ce n’était pas dû qu’aux morphiniques ! J’ai compris que j’étais sur la bonne voie. La vie est belle, il faut régulièrement faire l’effort d’ouvrir les yeux, de s’arracher à l’« habituation hédonique » comme l’on dit, pour ne pas passer à côté de gisements de joies et de grâces ordinaires. Elles seules nous permettent d’affronter le côté tragique de l’existence : souffrir, puis mourir. Paul Claudel avait vu juste. Le bonheur n’est pas le but mais le moyen de la vie.

Source 


Alain Schildermans




Les habitudes ont cela de bon qu'elles peuvent être changées
 


 

Il n’y a pas d’amour possible si l’on ne s’aime pas soi-même.

Autrement, comment aimer si l’on cherche auprès de l’autre la reconnaissance et l’amour dont on a besoin? Et pourtant l’amour de soi n’a pas bonne presse. C’est souvent confondu avec le narcissisme qui est au contraire une fascination pour sa propre image que l’on cherche à construire quand, au fond de soi, on ne s’aime pas. S’aimer soi-même n’est pas non plus faire preuve d’égoïsme, car l’égoïsme consiste à vouloir obtenir auprès des autres quelque chose pour soi. L’amour c’est avant tout l’acceptation totale de ce qui est, sans vouloir autre chose que ce qui est. Appliqué à soi-même, c’est une autre manière de dire que l’on s’honore et que l’on se reconnait comme étant, pour soi, la personne la plus importante dans l’univers. Il s’agit de sentir profondément au fond de soi que l’on a le droit d’être ce que l’on est, que l’on peut vivre comme on l’entend, à condition de ne pas exploiter, agresser, utiliser ou contrôler l’autre. Mais bien qu’il paraisse normal de s’aimer soi-même, beaucoup ne s’aiment pas tels qu’ils sont. Cela peut être dû à des « défauts physiques » plus ou moins virtuels sur lequel on se focalise, cela peut correspondre à une situation sociale qui n’est pas à la hauteur de nos attentes et pour laquelle on se sent nul ou coupable. Cela peut arriver aussi dans les relations, quand ce que nous vivons n’est pas satisfaisant sans que l’on parvienne à changer la situation tout en culpabilisant de ne pas arriver à en sortir… Les cas de possible non-amour de soi sont infinis…

Mais alors, comment s’aimer soi-même? Comment entretenir une relation d’amour et non de jugement vis à vis de soi? La réponse est très simple. Tout vient du rapport que nous entretenons avec notre ombre cette partie en nous que nous n’aimons pas. Tant qu’il y aura des aspects que nous n’accepterons pas, tant qu’il y aura des désirs d’être ce que nous ne sommes pas, nous ne pourrons pas nous aimer nous-même. La clé essentielle de l’amour de soi, c’est de s’accepter tel que l’on est vraiment et de voir toute la beauté de notre être.

J’aime qui je suis: amour de soi et acceptation

Culpabilité et honte: les freins à l’amour de soi

D’une manière générale culpabilité et honte, qui sont deux des sentiments les plus « plombants » pour l’être, vont à l’encontre de l’amour de soi. La culpabilité apparait quand ce que nous faisons ne correspond pas à ce que l’on avait planifié, ou quand on n’a pas accompli ce que l’on devait faire. La honte, c’est plus viscéral, puisqu’il s’agit d’un jugement négatif sur soi, et pas seulement sur l’acte comme dans la culpabilité. Dans les deux cas, ces sentiments viennent accabler l’être et constituent un obstacle pour l’amour de soi.

Accepter ce qui est, ce n’est ni de la résignation ni de la soumission, mais simplement le fait de dire oui à ce qui est là, de voir ce qu’on est avec bienveillance, sans jugement et sans rejet. Car c’est le jugement qui est à la racine du non-amour. Le Satan intérieur (la racine du mot satan signifie l’accusateur ou le procureur en hébreu) juge et accuse au cour de ces dialogues intérieurs où nous nous blâmons « tu n’aurais pas dû faire ça, tu devrais être ainsi » ou pire en nous condamnant « tu es nul, tu as encore tout fait raté, tu n’es bon à rien, c’est honteux de faire ça, personne ne pourra t’aimer si tu comportes comme ça« , etc… Et même en travaillant sur soi, il n’est pas rare de retomber dans ce travers, voire d’en rajouter une couche, lorsque nous ne correspondant pas à l’image idéale que l’on voudrait être: « mais tu en es encore là, je te pensais plus avancé que ça« …

Il existe un remède à Satan, et c’est l’Amour qui s’exprime avant tout comme l’acceptation profonde de ce que l’on est. Se dire que l’on est ce que l’on est et juste ce que l’on est, rien de plus, mais rien de moins, et que l’on a le droit d’être cela, et que nous ne sommes pas pire (ni mieux) qu’un autre, car la Vie nous a fait ainsi. Ce n’est pas se résigner à notre situation, mais simplement apporter de la bienveillance à nous mêmes, en arrêtant de nous pousser encore et encore.

Natacha avait du travail à faire chez elle. Ayant passé trois heures à déjeuner en discutant avec un ami de longue date, elle est rentrée chez elle très culpabilisée par le temps qu’elle estimait avoir perdu. Elle se détestait et se jugeait très négativement pour ce qu’elle avait fait, se traitant intérieurement de tous les noms. En fait elle, n’avait pas réellement profité de ces trois heures, car tout en étant avec cet ami, elle culpabilisait de ne pas être au travail.

Il s’agit là d’un cas typique où l’on se martyrise soi-même (j’ai beaucoup donné là-dedans, je connais bien) alors qu’en fait, on a simplement exprimé ce qui nous était le plus essentiel à ce moment là. Alors comment se sortir de cette culpabilité et retrouver le chemin de l’amour de soi? Voici une séquence qui peut être employée à tout moment pour sortir de cette culpabilisation:

Dans un premier temps, on regarde sa culpabilité et on ressent l’effet dans son corps, sans aller dans le mental et sans le nourrir par un dialogue intérieur négatif. On la regarde simplement comme une émotion, comme une chose qui est en nous, mais sans la considérer comme était caractéristique de nous-mêmes. En d’autres termes, « je ressens de la culpabilité » et non « je suis coupable de telle ou telle chose« . La différence est importante car dans le premier cas on peut mettre à distance cette culpabilité. Et on respire dans cette émotion, amplement mais doucement, sans forcer, pour que le corps intègre cette émotion tranquillement.

Puis, dans un deuxième temps, on se parle à soi-même en ayant vis à vis de soi l’amour bienveillant du parent vis à vis de son enfant: « ce n’est pas grave.. Je t’aime.. Tu es comme tu es, moi je t’aime comme tu es… Je sais que tu fais de ton mieux avec tout ce qui est en toi.. Et chaque moment que nous passons ensemble est un moment d’amour… Je t’aime… Tu es dans mon coeur, ne cherche pas à être qui tu n’es pas.. Tu es qui tu es et je t’aime ainsi… « . Et on s’enveloppe d’amour, de chaleur et de lumière en prononçant ces phrases, avec tout notre coeur.

Natacha fit cette pratique au moment où cette culpabilité s’exprimait, et elle le vécu comme un merveilleux choc: entourée de chaleur et d’amour, elle avait en même temps l’impression de vivre une inversion totale de ses valeurs. C’était le contraire du « t’as pas su gérer ton temps » avec lequel elle se rabrouait constamment: « Jamais cela ne me serait venu à l’idée d’avoir ces mots là.. J’avais bien lu les accords Toltèques, et le fait de penser ‘fais de ton mieux’, mais cela était resté intellectuel. Je n’avais pas réalisé que ça signifiait cet amour là…« . Elle a vu comment elle se blessait souvent par sa propre culpabilité et comment, de ce fait, elle ne pouvait pas se donner d’amour à elle-même.

L’Ego et l’image idéale de soi

L’ego constitue aussi un obstacle pour l’amour de soi, car c’est ce qui crée une séparation entre ce qui est et l’idéal de ce qu’on voudrait être: il veut donner l’impression que l’on est sûr de soi, dynamique et en même temps compatissant, sans faille, toujours prêt à secourir les autres, déterminé et courageux et en même temps la main tendue. L’ego crée aussi une tension en mettant du stress pour être parfait ou pour avoir quelque chose de particulier: c’est lui qui nous pousse à vouloir être le premier en tout, à avoir raison, c’est lui qui se sent vexé à la moindre critique, qui croit tout savoir et prétend ne jamais se tromper et qui veut à tout prix que ce qu’il fait soit porté aux nues, sans reconnaître la part des autres, etc.

Mais comme nous ne correspondant pas à cette image idéale, nous nous créons une identité fausse que nous donnons à voir aux autres, et que Jung appelait la persona. En fait, nous ne voulons pas qu’on sache que nous avons peur, que nous faisons des conneries de temps en temps, que nous sommes blessés quand on nous agresse verbalement, que nous pouvons être paresseux, veules, hypocrites, envieux, orgueilleux, jaloux, peureux, roublards, contrôlant et manipulateurs tout en étant de mauvaise foi.. Pas tout le temps, mais cela nous arrive… Je repense à ces films où Louis de Funès (dans la série des Gendarmes ou bien Ruy Blas) jouait des rôles de personnages médiocres ayant tous ces petits comportements que nous savons être les nôtres dans certains cas.

Mais en créant cette persona, en essayant de paraître ce que nous ne sommes pas, nous nous scindons intérieurement en deux, rejetant cette partie que l’on veut cacher, l’ombre, dans notre subconscient, comme si l’on reléguait à la cave tout ce que nous ne voudrions plus voir: nos fragilités, nos peurs, nos bêtises, nos lâchetés, nos mensonges, etc.

Et plus l’on essaye d’être parfait, plus on tente d’être pur et sans tâches, d’avoir toutes les qualités et de supprimer nos défauts, plus nous créons un écart entre ce que l’on voudrait être et ce que nous sommes et plus nous accroissons notre persona. Comment sortir de ce cercle vicieux? Paradoxalement c’est en laissant tomber ce désir d’être parfait et en acceptant et en intégrant cette part d’ombre de nous mêmes que nous pouvons nous aimer personnellement. Ce n’est pas seulement en essayant d’être plus « lumineux » que l’on s’approche de l’être authentique, mais en ramenant à nous, avec conscience, humilité, respect, pardon et amour les parts sombres de notre psyché. Car ce que je pense être « moi » est le résultat de tout un ensemble de mécanismes et de conditionnements, liés à des blessures, des croyances et des peurs, qui me poussent à réagir de manière automatique dès que certaines situations se présentent. Accepter c’est donner la possibilité à la Conscience de mettre de la clarté sur cette part d’ombre, et de permettre à l’Amour de faire son travail de pardon en étreignant avec tendresse cette partie délaissée. Ces tensions entre la persona et l’ombre, génératrice de désamour de soi, peuvent alors se dissoudre d’elles-mêmes, tranquillement, sans que l’on ait grand chose à faire d’autre qu’être là et se prendre dans ses propres bras.

S'aimer c’est s’accepter

S’accepter tel que l’on est, ne signifie pas que l’on arrête tout: il ne s’agit pas de passer le reste de sa vie affalé dans un canapé à regarder la télé, de ne plus faire de pratique physique ou spirituelle ou de se comporter comme un ours avec son entourage, mais simplement de ne plus juger les aspects que l’on n’aime pas en soi en prétendant qu’il s’agit de défauts, de faiblesses ou de manques. Il s’agit de voir tout cela comme des mécanismes, des programmes, des conditionnements, des sortes de machins qui sont en nous mais qui ne sont pas nous, et que l’on va pouvoir regarder, analyser, déconstruire et reprogrammer par un travail psycho-spirituel. S’accepter ce n’est pas non plus se regarder le nombril avec satisfaction, ni justifier ses comportements asociaux, ou rejeter la responsabilité de ce qui nous arrive sur les autres. En d’autres termes, s’accepter ce n’est pas retourner à un état de moi infantile qui rejette sur les autres ses propres déconvenues, ou qui se pose en victime. Ce n’est pas non plus faire ce qu’on veut quand on veut, sans tenir compte des autres, ou justifier tous ses travers par des « je suis comme ça, c’est ma nature, c’est à prendre ou à laisser« .

Non. S’accepter, c’est vivre pleinement ce qui est, en avançant par petits pas, en prenant le temps de goûter la vie à chaque instant, en faisant l’expérience de l’instant présent tel qu’il est, sans stresser inutilement et sans juger nos actes.

De manière paradoxale encore, plus on s’aime, moins on est tourné vers soi. Celui qui ne s’aime pas n’est concerné que par son nombril. S’aimer permet de prendre de la distance par rapport à soi, et d’arrêter de ne voir que ses propres problèmes. Car une grande partie de ce que nous considérons comme « nos problèmes » viennent de ce que nous n’acceptons pas la vie telle qu’elle est, en réagissant à partir de notre égo, ou en nous jugeant négativement. En nous acceptant tels que nous sommes, en arrêtant de mettre cette pression à vouloir être quelqu’un d’autre, nous voyons alors nos problèmes se dissoudre.. Et automatiquement, cette bienveillance a un impact sur notre propre vie mais aussi sur celle les autres. L’amour, comme la haine, se propage naturellement.

Françoise ne sait plus comment s’y prendre avec son fils, Nicolas 8 ans, qu’elle élève seule et qui est considéré comme hyper-actif. Elle n’arrête pas d’osciller entre des comportements laxistes, qui donnent la possibilité à Nicolas de tyranniser son monde, et des règles ultra-strictes qu’elle érige « pour son bien » quand Nicolas va trop loin. En fait, derrière tout cela, elle se sent une « mauvaise mère » dès qu’elle met un cadre, et elle n’y arrive que lorsque elle est à bout. Mais à ce moment là, elle impose des règle avec une grande rigidité. Et bien entendu son fils n’arrive pas à s’y retrouver. Heureusement, Françoise ayant travaillé sur elle dans de nombreux stages de développement personnel (dont du Tantra, bien évidemment ), elle a pu commencer à s’accepter et se voir comme faisant « au mieux » de ce qui est possible à chaque fois. A partir de pratiques d’acceptation et d’amour de soi, comme on l’a vu précédemment avec Natacha, elle a pu enlever une énorme pression qu’elle s’était mise sur les épaules. Cette pression enlevée, nourrie par cet amour intérieur, elle s’est mise à agir à partir de sa propre intuition, en reprenant contact avec son fils dans une relation d’être à être, rediffusant cet amour intérieur. Elle a institué un cadre souple afin de ne plus osciller entre rigidité et laxisme. Et surtout elle a pu recréer le lien entre elle et son fils, ce qui a bien entendu entrainé une disparition des troubles d’hyper-activité de Nicolas.

S’aimer c’est ainsi s’émerveiller de ce que nous sommes, non pas pour se gratifier l’ego, mais pour célébrer le miracle de la Vie d’être incarné et de sentir son corps. S’aimer c’est entrer en relation authentique avec les autres, sans chercher à paraître, en rediffusant autour de soi cette source d’Amour inépuisable qui se situe au fond de notre être, afin d’accepter profondément ce qui est et en disant ‘oui’ à la Vie.

Jacques Ferber

Alain Schildermans
Thérapie

 

Manque d'estime de soi? Un coach peut vous aider.
 

Mais, au fait, c'est quoi l'estime de soi?

«L’estime de soi, c’est se montrer capable de :

Dire ce que je pense.

Faire ce que je veux.

Insister quand je me heurte à une difficulté.

Ne pas avoir honte de renoncer.

Ne pas me faire avoir par la pub ou les modes, qui veulent me faire croire qu’on n’est quelqu’un de bien que si on porte telle marque ou si on pense de telle façon.

Rire de bon cœur si on me chambre gentiment.

Savoir que je peux survivre à mes échecs.

Oser dire « non » ou « stop ».

Oser dire « je ne sais pas ».

Suivre mon chemin, même si j’y suis seul(e).

Me donner le droit d’être heureux(se).

Me sentir digne d’être aimé(e).

Supporter de ne plus être aimé(e), même si ça me rend malheureux(se) sur le moment.

Me sentir tranquille avec moi-même.

Dire « j’ai peur » ou « je suis malheureux(se) » sans me sentir rabaissé(e).

Aimer les autres sans les surveiller ou les étouffer.

Faire de mon mieux pour réussir ce que je veux réussir mais sans me mettre la pression.

Me donner le droit de décevoir ou de rater.

Demander de l’aide sans me sentir pour autant inférieur(e).

Ne pas me sentir envieux(se) de la réussite ou du bonheur des autres.

Savoir que je peux survivre à mes malheurs.

Me donner le droit de changer d’avis après réflexion.

Faire preuve d’humour sur soi-même.

Dire ce que j’ai à dire, même si j’ai le trac.

Tirer les leçons de mes erreurs.

Me mettre en maillot de bain même si mon corps n’est pas parfait.

Me sentir en règle avec les blessures de mon passé.

Ne pas avoir peur de l’avenir.

Trouver que je suis quelqu’un de bien, avec ses qualités et ses défauts.

Sentir que je progresse et que je tire des leçons de la vie.

M’accepter tel(le) que je suis aujourd’hui sans renoncer pour autant à changer demain.

Et enfin, arriver à autre chose qu’à soi.»

Christophe André

Alain Schildermans
Dépression Burnout
 

Tu dois devenir l'homme que tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même.

Nietzsche




Alain Schildermans

 
L'herbe est toujours plus verte chez les autres... jusqu'à ce qu'on découvre que c'est du gazon artificiel.

Jacques Salomé



Alain Schildermans